Militaire de carrière, engagé comme mécanicien auprès de la Marine nationale, Denis Bersoult mène par conséquent une vie active, rythmée entre ses missions en mer et ses permissions. Las de la monotonie de ses séjours à terre, il décide en 1959 d’ouvrir un petit commerce indépendant. Géré par son épouse, Renée Bersoult, lors de ses absences, le petit magasin est installé au rez-de-chaussée de leur logement, situé à Maromme la Maine. Malgré une surface de vente modeste (50 m2), le petit commerce, qui consacre une large part à l’activité chauffagiste, ne tarde pas à fournir un complément de revenus notable au couple. Profitant de ses journées à terre pour effectuer les livraisons des produits vendus par son épouse, Denis Bersoult fait ainsi peu à peu prospérer son magasin.


C’est dans ce cadre de vie que naissent Joël et Jean-Pierre Bersoult. Bercés par l’ambiance de la boutique, les deux enfants montrent dès leur plus jeune âge de nombreux signes d’intérêt dans le commerce en aidant leur mère au magasin.
Malheureusement, à la suite d’un accident, Denis Bersoult est contraint de quitter la Marine nationale après 15 ans de services et est immobilisé au magasin. Afin de l’aider dans les livraisons, Joël Bersoult, qui a suivi ses traces en intégrant la Marine nationale en qualité de technicien radio, décide en 1975 d’abandonner sa carrière militaire pour rejoindre son père. Deux ans plus tard, il est rejoint par son frère Jean-Pierre, après que ce dernier a obtenu son BEP électrotechnique. Prenant les choses en main, les deux frères décident alors d’agrandir la surface de vente du magasin. Transformant le rez-de-chaussée de la maison, réaménageant la cuisine et la salle à manger familiales à l’étage, ils libèrent ainsi de l’espace, permettant au commerce de passer de 50 m2 à 150 m2. De même, l’équipe s’enrichit de nouveaux membres pour atteindre 10 personnes.

Jugeant que la surface de vente devient trop petite pour suivre l’évolution de la demande, Joël et Jean-Pierre déménagent en 1990 et vont s’installer 500 m plus loin. Investissant leur plan d’épargne personnel dans le rachat d’une ancienne station-service désaffectée, les deux frères se lancent un véritable challenge en créant un grand magasin de 1 000 m2. Plus qu’une volonté d’augmenter leur chiffre d’affaires, le projet s’inscrit avant tout dans une perspective d’évolution. Préférant investir dans l’amélioration du point de vente plutôt que dans le développement du personnel, Joël et Jean-Pierre s’en tiennent ainsi à une équipe réduite de 10 salariés.
Désireux de développer leur commerce, et en raison de l’investissement réalisé, les deux frères s’imposent une discipline de travail rigoureuse. Subvenant à leurs besoins au moyen de leur seul plan d’épargne, ils ne perçoivent aucun salaire dans les premiers temps. De même, en ce qui concerne les horaires de travail, les deux frères, qui gèrent le magasin dans la journée, se mettent à disposition le soir afin d’assurer les livraisons auprès des grandes surfaces. Quant au rythme de travail, contrairement aux autres commerces, leur magasin est ouvert en continu les week-ends et le lundi.
Grâce à cette rigueur, les deux frères réalisent en 2004 un chiffre d’affaires de 4,3 millions d’euros. Gagnant en importance sur Rouen, la renommée de leur point de vente leur permet bientôt d’envisager de nouvelles perspectives de développement. Outre l’élargissement de l’effectif du point de vente à 25 personnes en 1998, Joël et Jean-Pierre décident en octobre 2004 de faire l’acquisition d’un second point de vente, à Yvetot. Ancien adhérent Expert, le point de vente leur permet de se rapprocher du réseau. Situé en centre-ville et disposant d’une surface de 150 m2, le magasin constitue en outre une formidable opportunité. D’autant qu’elle est le fruit du hasard ! Proposée par le Tribunal de Commerce de Rouen, la reprise du fonds de commerce du magasin est néanmoins conditionnée par la reprise des 5 membres du personnel. Jugeant l’affaire intéressante pour leur implantation sur la région, les deux frères, qui espèrent profiter de la tenue prochaine de la braderie d’Yvetot pour donner une impulsion à leur nouveau point de vente, conviennent alors d’un accord avec le Tribunal de Commerce.